Mélakh, un djinn aux pouvoirs extraordinaires

Extrait du roman : LA CORNE DU DJINN ( Guila Waly s’est rendu à Khondiom, un village de sorciers et de djinns pour connaître la « Main » qui lui a jeté ce mauvais sort qui éloigne les poissons de sa pirogue. Il vient de rendre visite à un premier sorcier dont le djinn a été malmené par cette mystérieuse « Main » et a capitulé. Guila Waly se rend dans la case d’un autre sorcier.)

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   Il s’engouffra dans une autre case. Il se retrouva dans un décor totalement différent de celui qu’il venait de quitter. Cette pièce était beaucoup plus fournie. Il y avait un peu partout de grosses malles métalliques hermétiquement fermées. Le sorcier, encore un vieil homme, était assis sur une épaisse peau noire. Et cette peau, lorsque Guila l’observa minutieusement, il lui sembla bien que c’était une peau d’homme.

     -Ne me dis pas qui tu es, je ne veux pas le savoir, s’était empressé de lancer le sorcier. Et lorsque l’affaire que tu es venu programmer ici s’exécutera comme tu le souhaitais, je veux que mon nom ne soit jamais mentionné. Je ne suis responsable d’aucun crime. Le criminel, c’est celui qui est venu solliciter les services de mon puissant djinn. Sommes-nous d’accord ?

     -Je suis totalement d’accord avec toi, lui dit Guila Waly. De toute façon, je ne suis pas venu pour causer du mal à quelqu’un. Je cherche plutôt à me délivrer d’un sort qu’on m’a jeté.

     -Je vais te laisser avec mon djinn. Va prendre un des petits miroirs qui remplissent la caisse qui est à ta droite.

  Guila Waly s’approcha de cette caisse. Elle renfermait des milliers de miroirs rectangulaires. Il s’empara d’un miroir.

     -Fixe ce miroir des yeux et appelle trois fois la personne qui t’intéresse !

  Guila Waly ne comprenait rien de ce que lui faisait faire ce sorcier. Il pensait que le vieil homme était en train de lui faire une démonstration pour lui prouver la puissance de son djinn.

 Il plongea son regard dans le miroir. Il y vit son visage, ce qui était tout à fait normal. Il appela alors la personne qu’il pensait être celle qui l’intéressait le plus dans ce monde.

     -Sokhna ! Sokhna ! Sokhna !

 Les images se brouillèrent aussitôt dans le miroir. Tout devint sombre à l’intérieur. Puis, brusquement, tout s’éclaircit de nouveau. Mais ce n’était plus son visage que Guila Waly voyait dans le miroir. C’était Sokhna, en train de ranger les ustensiles dans la cuisine, qu’il y observait. Guila en fut stupéfait. Son épouse continuait de s’affairer dans sa cuisine sans se douter que son mari était en train de la regarder.

      -Est-ce une personne que tu veux faire disparaître ? lui demanda le sorcier.

       -Non, hurla Guila en frissonnant de terreur. Sokhna, c’est ma tendre épouse ! Un don du ciel. Une femme exemplaire ! Je t’ai dit que je ne suis pas là pour éliminer quelqu’un.

       -Dommage ! dit le sorcier. Sinon, pour éliminer cette personne, il t’aurait suffi de briser ce miroir sur le sol. Une mort foudroyante allait immédiatement s’abattre sur elle. Je suis incapable de te dire le nombre de personnes qui ont eu recours à ces miroirs pour éliminer des ennemis ou même des proches parents dont elles souhaitaient hériter de tous les biens. C’est mon djinn Mélakh qui se cache dans ces miroirs. Il exécute ses missions avec une rapidité qui dépasse l’entendement.

      -Sokhna, disparais vite de ma vue, hurla aussitôt Guila Waly qui craignait que le miroir ne lui échappe des mains pour se fracasser sur le sol.

 Les images se brouillèrent de nouveau et le visage de Guila réapparut.

      -Je vais te montrer un autre pouvoir de Mélakh, lui dit le sorcier. Y a-t-il un objet qui se trouve chez toi, ou quelque part dans n’importe quel endroit de la planète, et que tu aurais aimé avoir en ta possession en ce moment ?

      -Ah oui, s’écria Guila Waly. En entrant dans ce village infesté de djinns, j’ai regretté de n’avoir pas emporté avec moi ce puissant gris-gris que mon père portait pour se protéger contre les mauvais esprits. Ce gris-gris, il se trouve dans un sac que je range toujours dans mon armoire.

     -Eh bien, Mélakh va te rapporter ce gris-gris en un rien de temps. Fixe le miroir et appelle ce sac.

  Guila Waly plongea son regard dans le miroir et appela :

     -Sac de cuir qui se trouve dans mon armoire et qui renferme le gris-gris de mon père !

  Le miroir se brouilla et fit apparaître l’image du sac en cuir au fin fond de l’armoire de Guila Waly.

      -A présent, va plonger le miroir dans la bassine que tu aperçois là-bas !

  C’était une grande bassine remplie d’un liquide noir. Guila y plongea le miroir et le liquide entra aussitôt en ébullition en dégageant une vapeur blanchâtre. Cela ne dura que quelques secondes. Le liquide noir redevint stable.

      -Mélakh t’a apporté ton sac. Il est dans la bassine.

  Guila plongea sa main dans le liquide et tâta un objet. Il l’empoigna et le fit sortir. Sa surprise fut grande. C’était bien son sac. Un sac bien sec alors qu’on l’avait tiré d’un liquide.

       -Vois-tu ? Mélakh est un djinn rapide comme l’éclair. En quelques secondes, il peut faire sept fois le tour de la terre. C’est quand il est parti récupérer ce sac que l’eau est entrée en bouillonnement. C’est quand il est revenu, que tout est redevenu normal.

      -Ce Mélakh est en effet un djinn extraordinaire, reconnu Guila Waly. Mais est-il capable de résoudre mon problème ?

       -Expose-nous ce problème et nous verrons !

  Guila Waly leur ouvrit son dossier. Il leur parla de ce sort qu’on lui avait jeté et qui risquait de lui faire subir la plus grande humiliation de sa vie : fêter la tabaski sans rien égorger.

      -Je voudrais que ton djinn m’indique la main qui m’a jeté ce mauvais sort et qu’il démantèle son œuvre maléfique.

      -Mélakh, dit le sorcier, tu viens d’entendre cette histoire. Es-tu capable de délivrer cet homme de ce mauvais pas ?

  Un grand feu avait alors jailli du sol. Un immense brasier qui flambait en crépitant se forma an centre de la pièce. Guila Waly recula, terrifié.

    -Ne crains rien, lui dit le sorcier. Ce feu, c’est une des mains de Mélakh. S’il tend la main, c’est pour que tu y déposes les cadeaux que tu lui apportes ; car Mélakh exige qu’on le paie d’abord avant qu’il ne se lance à l’action. Offre-lui quelque chose qui a de la valeur et il réglera ton problème.

  Guila Waly ouvrit sa valise et en sortit dix grands boubous rayonnants de splendeur.

     -Jette-les dans le feu. Mélakh les gardera dans son armoire.

  Guila largua tous les boubous dans le brasier. Ils flambèrent aussitôt. La vue de ces tissus de si grande valeur, de ces boubous si merveilleusement brodés qui se consumaient dans le feu avec de retentissants grésillements lui causa un terrible mal de tête. Lorsqu’ils disparurent tous dans les flammes, le brasier s’évapora. Le sorcier s’adressa alors à son djinn :

      -A présent Mélakh, montre à cet homme la main qui lui a jeté ce sort.

  Le miroir s’assombrit aussitôt.

      -Prépare-toi à voir le visage de celui qui t’a jeté ce sort, dit le sorcier.

  Guila Waly plongea ses yeux dans le miroir qui était toujours sombre. Puis, progressivement, des images commencèrent à faire leur apparition. Le pêcheur reconnut vite les fonds marins. D’énormes bancs de poissons allaient et venaient en tous sens.

      -Quoi, murmura-t-il. Celui qui m’a fait ça habite-t-il dans les profondeurs de l’océan ? C’est peut-être un pêcheur qui s’est noyé et dont le corps repose dans ces fonds.

  Les images devenaient de plus en plus nettes dans le miroir. Une sorte de grotte sous-marine apparut. Il faisait très noir à l’intérieur de cette grotte. Guila Waly vit alors surgir dans cette obscurité quelque chose qui ressemblait à une figure monstrueuse. C’était bien une créature aux yeux rouges comme des braises incandescentes. Guila crut reconnaître une énorme corne sur le côté droit de la tête. Mais il ne décela rien sur le côté gauche. Son cœur battait à tout rompre.

    Le miroir explosa subitement et se dispersa en mille morceaux sur le sol. Le sorcier, effrayé, avait bondi de sa peau d’homme.

     -Que se passe-t-il ? Mélakh, où es-tu ? hurlait-il.

 Il se tourna vers Guila Waly :

     -Qu’as-tu fait à mon djinn ? Où l’as-tu envoyé ? L’aurais-tu jeté entre les griffes d’un redoutable djinn ?

  Les flammes ressurgirent alors du sol. Une sorte de grognement douloureux en sortit.

      -Ah, te revoilà, Mélakh, s’écria le sorcier tout heureux.

    Un terrifiant grondement jaillit de ce brasier. C’était Mélakh qui parlait :

       -Maître, dit-il, cet homme est victime d’un puissant djinn qui gît au fond des mers. C’est lui qui chasse les poissons pour qu’ils ne remplissent pas sa pirogue. Ce djinn est doté d’une force effroyable. Il a failli me briser sur les rochers de la côte où il m’a propulsé. Je ne peux rien pour cet homme. Qu’il reprenne ses cadeaux et qu’il s’en aille.

  Le feu se mit aussitôt à cracher, un à un, les beaux boubous que Guila y avait jetés. Ils luisaient toujours de splendeur comme s’ils n’avaient jamais été brûlés. Le pêcheur les remit tous dans sa valise et s’en alla.

  Le sorcier le raccompagna vers la porte en lui disant d’une voix triste :

      -Mon pauvre, je crains que tu ne sois condamné à vivre tout le restant de ta vie avec cette malédiction. S’il y a un conseil que je peux te donner, c’est de ne plus perdre ton temps à Khondiom. Quand Mélakh dit d’un djinn qu’il est très puissant, tu ne trouveras pas ici une force capable de vaincre cette redoutable créature. Rentre dans ton village et invoque, matin et soir, le secours de ton seigneur. Je ne vois que lui qui soit capable de te délivrer de cette mauvaise passe.

   Guila Waly ne se le fit pas répéter. Les deux aventures qu’il venait de vivre lui avaient causé des frayeurs si intenables qu’il n’osait plus consulter d’autres sorciers. Une chose était maintenant certaine pour lui : Ce qui lui arrivait n’était pas l’œuvre d’une main humaine. C’était un djinn, un puissant djinn, qui manœuvrait pour qu’il n’ait pas son mouton de tabaski.

 

Le puissant sorcier Harfa Foufa retrouve la corne du djinn

 

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Extrait du roman : LA CORNE DU DJINN ( Le sorcier Harfa Foufa va aider Guila Waly à détecter l’endroit où est enterrée la corne du redoutable djinn Nopati Féré, afin de tirer profit des pouvoirs extraordinaires qu’elle renferme. Et ils ignorent encore que ce djinn est toujours en vie dans les profondeurs de la mer Randou, attendant patiemment l’heure d’entrer en action.)

    Guila Waly tenait à ce que les choses se fassent dans le secret le plus absolu. Aussi avait-il demandé à Harfa Foufa d’attendre la nuit pour entamer ses travaux.

     -Personne ne doit savoir que j’ai dû recourir à une corne de djinn pour avoir mon mouton. Il faut que tout le monde croie que c’est par ma poche que je me suis procuré un bélier.

  Ce n’est donc que lorsque la nuit tomba, qu’ils arrivèrent à Kémtane. Mais le sorcier n’avait pas voulu entrer dans le village. Il avait déposé sa lourde malle sous un arbre, à quelques kilomètres de Kémtane.

     -Installons-nous là ! Je suis sûr que la corne est enfouie dans les parages.

  Il ouvrit alors sa malle et en sortit un objet transparent qui ressemblait à une grosse écaille.

     -Qu’est-ce que tu tiens là ? demanda Guila.

      -Ceci, c’est la rétine de l’œil droit d’un djinn qui s’appelait Siditt et qui est mort durant les siècles passés. C’est l’un de mes djinns qui l’a ramassée dans les profondeurs de l’océan. Siditt était doté d’un regard à la puissance extraordinaire. Il pouvait se trouver au pôle nord et apercevoir une fourmi qui se déplaçait au pôle sud.

     -Et cette rétine, à quoi elle va te servir ?

      -Cette rétine, c’est ma loupe ! La loupe qui me permet de percevoir le monde des djinns. Le djinn étant une créature de l’invisible, ses yeux voient ce monde comme les nôtres voient le monde du visible. Cette rétine conserve encore quelques pouvoirs des yeux de Siditt : elle est capable de percer le voile invisible qui enveloppe le monde des djinns.

     -Mais alors, grâce à cette loupe, tu peux voir tout ce qui se passe chez les djinns !

     -Pas très exactement. Les images ne sont pas très nettes. Je ne vois que des ombres, des fumées et des formes imprécises. C’est à moi de les déchiffrer, de les décrypter.

     Le sorcier plaça alors l’écaille sur son œil gauche en tenant clos le droit.

     -Tu vois quelque chose ? lui demanda Guila Waly.

     -Oui ! Je vois partout des lueurs qui vont et viennent. Cet endroit est infesté de djinns. Ils y ont bâti un grand village.

     -Ces lueurs que tu aperçois, ce sont donc des djinns ?

      -C’est l’haleine que dégagent les djinns quand ils sont en activité. C’est la nuit. Tous les djinns sont en pleine action.  Nous, les humains, c’est durant le jour que nous vaquons à nos occupations. La nuit, c’est notre heure de repos. Pour les djinns, c’est le contraire. Durant le jour, leurs activités sont moindres. Leurs forces sont en sommeil. C’est quand la nuit tombe  qu’ils entrent en activité.

 Harfa Foufa se laissa choir sur le sol et rouvrit sa malle.

   -Pour que je puisse détecter l’endroit où se trouve la corne, il est indispensable que tous les djinns déguerpissent et vident les lieux.

  -Pourquoi ?

  -Essaie de réfléchir ! Pour pouvoir percevoir un son très faible, il faudrait bien que cessent tous les bruits retentissants. Cette corne que nous cherchons n’est pas une créature vivante comme ces djinns. Elle ne mène aucune activité. Les lueurs qu’elle dégage sont donc de très faible intensité. Pour que je puisse les apercevoir, il faut que toutes les puissantes lueurs s’éloignent de cette zone.

      Le sorcier tira de la malle une sorte de tambour, constitué d’une calebasse recouverte d’une peau tapissée sur toute sa surface de poils noirs et fort étincelants. Il cala le tambour entre ses genoux et s’empara de deux baguettes en bois qu’il se mit à abattre avec force sur la peau. Fait étrange, aucun son ne jaillissait de ce tambour. Harfa continuait de battre, et le silence de la nuit continuait de régner.

     Guila Waly vit alors des morceaux de flammes jaillir de toutes parts et s’élever rapidement vers le ciel, tels des oiseaux qui fuyaient les lieux à tire-d’aile. En quelques secondes, des milliers de lambeaux de flammes quittèrent ce territoire, traversèrent le ciel et disparurent au loin. Certains groupes avaient pris le nord, d’autres l’est…

   -D’où sortent ces flammes ? S’était enquis Guila.

   -Ces flammes, ce sont des djinns. Ils s’enfuient, terrorisés par le son de ce tam-tam.

   -Ce tam-tam produit donc un son ? Hurla Guila, tout surpris. Pourtant, je n’entends rien.

   -Il produit un son infernal. Mais ça ne résonne pas dans l’univers des hommes. Seuls les djinns et les créatures qui peuplent le monde de l’invisible perçoivent ce tintamarre. Cette peau noire, c’était celle de Salyr.

   -C’est qui Salyr ? demanda Guila Waly.

    -Salyr, c’était un très puissant djinn. Son cri était terrifiant. Lorsqu’il hurlait, c’étaient des milliers et des milliers de djinns qui s’abattaient sur le sol, foudroyés. Sa voix était chargée d’électricité. Partout où sa présence était signalée, tous les djinns s’empressaient de vider les lieux avant que son cri ne commence à retentir. Lorsque j’ai appris sa mort, j’ai mobilisé tous mes djinns pour qu’ils retrouvent son corps. Ils se sont dispersés sur la terre et ont visité toutes les contrées du globe. Les recherches ont duré sept ans. Le corps de Salyr a finalement été retrouvé dans les profondeurs d’un volcan éteint. En vérité, ce n’était que la peau de ce djinn. Tout le reste avait fondu. Je me suis emparé de cette peau, convaincu que je tenais là une arme redoutable. Je ne m’étais pas trompé. Le son que produit cette peau quand on frappe dessus est aussi foudroyant que la redoutable voix de Salyr. Partout où je le fais résonner, tous les djinns qui se trouvent dans les parages prennent la fuite.

    Harfa Foufa continua de battre son tam-tam jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une flamme qui s’enfuyait vers d’autres horizons.

    -Ils sont tous partis, dit-il. Il n’y a plus de djinns dans les parages. Je vais maintenant pouvoir localiser aisément l’endroit où est enfouie notre corne.

  Le sorcier prit la grosse écaille et la replaça devant son œil gauche. Le cœur de Guila Waly battait à tout rompre. Cette corne était sa dernière chance. Si jamais Harfa foufa ne parvenait pas à la dénicher, il pouvait dire « adieu » à son mouton de tabaski.

   Le sorcier promenait lentement son œil gauche à travers ce vaste terrain. La rétine de djinn qui lui servait de loupe lui montrait un paysage totalement différent de celui que voyait Guila Waly. Il voyait les fosses et les grottes que les djinns avaient creusées et qui leur servaient d’habitations.

    C’est alors qu’il aperçut une faible lueur rouge qui jaillissait d’un coin très isolé, à côté d’un arbre.

    -Cette lueur, c’est une vie de djinn, murmura-t-il. Elle ne peut provenir que de la corne, car tous les djinns ont fui les lieux.

 Il se dirigea aussitôt vers l’endroit. Guila Waly le suivait, le visage rayonnant d’espoir.

    -Tu vois quelque chose ? demanda-t-il. Moi, je ne vois rien.

    -L’œil de Siditt m’a montré les flammes d’une vie de djinn qui jaillit juste à côté de cet arbre là-bas.

 Ils arrivèrent à l’endroit. Rien d’anormal ne s’y faisait signaler. Le sorcier regarda encore dans sa loupe pour bien repérer la lueur.

    -C’est ici, dit-il en posant son pied sur un tas d’herbe. C’est ici que jaillit la lueur. La corne est enterrée là.

     Il sortit une pelle de sa malle et se mit à creuser. Le cœur de Guila Waly battait très fort. La pelle creusait la terre dans un bruit sec.

  

Khondiom, un village de sorciers et de djinns

couverture la corne du djinn-page-001Un extrait du roman : LA CORNE DU DJINN

 

 -Dès demain, je me rends à Khondiom !

    -Khondiom ! hurla Sokhna, les yeux écarquillés de frayeur.

    -Qu’y a-t-il ? Dès qu’on vous parle de Khondiom, vous vous effrayez comme si on venait de vous annoncer la visite prochaine de l’ange de la mort.

    -Que vas-tu aller faire dans ce terrifiant village, Guila ? Tu es bien au courant de tout ce que l’on raconte dans cet antre de djinns.

    -On dit sur Khondiom beaucoup de choses qui ne sont pas vraies. La seule chose dont je suis certain, c’est que ce village est habité par de puissants sorciers qui collaborent avec des djinns qui les aident à anéantir toutes sortes de sorts et de maléfices. Combien d’hommes frappés de folie sont revenus de Khondiom totalement guéris ?

     -D’autres y sont partis tout à fait sains, mais sont revenus frappés d’une folie que rien n’a pu guérir. Certains y sont partis et ne sont plus jamais revenus. Personne ne sait ce qu’ils sont devenus. On dit qu’ils se sont volatilisés et que ce sont eux ces volutes de fumée qui tourbillonnent au-dessus de ce village. Ce sont les djinns qui les ont capturés et les ont réduits en fumées.

    -Ces malheureux ont violé certaines règles de ce village.  Voilà pourquoi il leur est arrivé quelque chose.

     -Et ces règles, les maîtrises-tu, mon cher mari ? Crois-moi, ce village est très dangereux. Il est devenu le refuge des djinns les plus redoutables de la contrée. On dit que le sol de Khondiom est parsemé de fosses habitées par des djinns ; et il y a des endroits, paraît-il, où il est impossible d’esquisser un pas sans marcher sur une de ces fosses. Voilà le danger, car on peut blesser le djinn qui vit à l’intérieur ; et crois-moi, sa riposte ne tardera point.

     -Ma chère épouse, je ne peux pas faire autrement. La tabaski approche et il nous faut avoir notre mouton. Imagine l’humiliation auquelle nous nous confronterons si nous n’égorgeons rien le jour de la tabaski alors que des misérables comme Ndaul, Yaafouss et Badoolo auront tous immolé leurs béliers. Essaie d’imaginer la honte que tu ressentiras lorsque tu verras, après le dépeçage, les épouses de ces misérables venir t’offrir des morceaux de viande comme le font toutes les femmes du village envers celles qui n’ont pas de moutons.

  Sokhna frissonna de terreur. Elle ne se sentait pas capable de survivre à un tel déshonneur. La crainte de se confronter à une situation aussi avilissante l’emporta aussitôt sur la terreur que les djinns de Khondiom suscitait en elle. D’une voix tremblante, elle dit :

     -Va vite à Khondiom, Guila ! Ne crains rien. Mes prières t’accompagneront. Va, détruis ce mauvais sort et apporte-nous notre bélier.

     -C’est donc décidé, dit Guila Waly. Dès demain, je me rends à Khondiom. Sois certaine que je trouverai, parmi les puissants sorciers qui ont élu domicile dans ce village, celui qui anéantira définitivement les effets de cette magie noire ; car, comme le dit le sage : « Tout ce que la main a fomenté, la main peut le détruire. »

   Cette nuit-là, lorsque Sokhna coucha ses enfants sur leurs lits, elle se baissa sur leurs oreilles et les rassura : « N’ayez plus de crainte ! Je viens de parler avec votre père. Dans quelques jours, votre mouton va arriver. »

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     Dès le matin, Guila Waly prépara ses affaires, aidé par sa femme. Il mit dans une grande valise une trentaine de ses plus beaux habits ainsi que des bracelets de grande valeur que lui remirent Sokhna.

     Il était en proie à d’intenses frayeurs, mais il s’efforçait de ne rien en laisser paraître.

 Khondiom, rien que par son nom, suscitait la terreur dans tous les esprits. Ce village, habité par des sorciers aux pouvoirs extraordinaires, s’était façonné une renommée qui avait fini par franchir les frontières et les océans. Des hommes, venus de contrées lointaines, s’y rendaient pour consulter les djinns.

     Lorsqu’un homme lançait à un rival : « Je viens de Khondiom », il venait de brandir la plus redoutable de toutes les menaces. Son rival reculait aussitôt, craignant le pire : une mort foudroyante ou une folie subite dans les jours à venir. C’était en effet à Khondiom que se fomentait la plupart des morts et des folies qui s’abattaient à l’improviste sur d’innocentes créatures. On y consultait les sorciers pour éliminer un rival dangereux ou un adversaire gênant. La plupart des folies, des cécités subites et des paralysies inexplicables, c’était à Khondiom, disait-on, que des ennemis les avaient commanditées pour écarter un concurrent. On se rendait aussi à Khondiom pour guérir des folies et de nombreux maléfices.

Ce village avait été créé il y a plus de trente ans de cela par de puissants sorciers qui maîtrisaient, tous, la science des djinns. Ils pouvaient converser avec ces créatures invisibles et même les capturer pour les contraindre à travailler pour eux. Ils avaient bâti cet immense agglomération de cases dans un territoire éloigné de tous les villages et des villes. Les djinns étant des créatures qui fuient les bruits et la lumière, ce coin désertique constituait un milieu propice où ces sorciers pouvaient cohabiter avec eux et collaborer en toute sérénité.

      Il faisait nuit lorsque Guila Waly entra à Khondiom. C’était l’heure où ce village grouillait de monde. Juste à l’entrée se dressait un gigantesque baobab dont le tronc mesurait près de vingt mètres de circonférence. L’énorme arbre déployait ses branches sans feuilles vers le ciel. Des cornes de diverses tailles étaient enfoncées en de nombreux points de ce tronc. Et sur les branches pendait une multitude de fils qui étaient tous soumis à d’étranges balancements.

    -Voici ce baobab dont on dit qu’il est la puissante antenne qui relie Khondiom au monde des djinns, murmura Guila. Il envoie chez les djinns les messages des sorciers, mais surtout il intercepte tout propos venant de ce monde. On dit aussi que c’est à l’intérieur de ce baobab que les sorciers de ce village enferment les djinns qu’ils ont capturés et qui ne se sont pas encore soumis à eux. 

    On ne voyait pas le ciel. Une fumée opaque, fort dense et plus noire que le charbon, formait très haut, au-dessus du village, un immense toit que le plus puissant rayon solaire ne pouvait traverser. C’est cette épaisse fumée sombre qui faisait que Khondiom était toujours plongé dans une nuit obscure, même en plein jour.

    -Mon dieu, murmurait Guila en frissonnant de terreur. Nombreux sont ceux qui pensent que ce sont des humains que des djinns ont punis en les transformant en fumée. Ces pauvres personnes étaient venus consulter les sorciers pour guérir des maux ou allumer les moteurs de leur réussite. Malheureuseent, ils ont dû commettre accidentellement une infraction qui a indisposé un djinn qui s’est aussitôt vengé. Mon dieu, il faut que je surveille où je pose mes pieds.

  Il y avait en effet un peu partout des trous qui parsemaient le sol. Et ces trous, on disait que c’étaient des grottes habitées par des djinns. Gare à celui qui marchait dessus !

      Il y avait un monde fou dans le village. Partout, ce n’était que des va-et-vient incessants. Et ce qui frappait l’esprit de celui qui visitait ces lieux pour la première fois : tous ces mouvements s’accomplissaient dans un silence extraordinaire. Guila Waly avait l’impression qu’on projetait devant lui un film tonitruant dont on avait coupé le son.

    Il n’y avait que des cases à Khondiom, partout des cases. A tout moment, des hommes et des femmes y entraient ou en sortaient. Quand la porte d’une case était fermée, un client était à l’intérieur. Si elle restait ouverte, seul le sorcier s’y trouvait. N’importe qui pouvait alors s’engouffrer à l’intérieur sans demander la permission à personne. Ces sorciers ne craignaient aucune créature, qu’elle soit homme, djinn ou autre esprit maléfique qui vivait dans les mondes de l’invisible. Ils étaient, tous, sous haute protection. Chacun d’eux était cerné de redoutables djinns qui veillaient sur leur protection ainsi que sur leurs biens.

    Tout le village baignait dans une faible lueur rouge et très sombre ; cela, afin que personne ne puisse reconnaître personne. Car ici, chacun voulait y entrer  incognito, et repartir incognito. Tout le monde avait le visage caché. Hommes et femmes se déplaçaient avec des voiles qui leur couvraient entièrement la tête. Personne ne tenait à se faire reconnaître. Personne ne tenait à être soupçonnée lorsque la mort ou la folie s’abattra sur celui ou celle dont on était en train de fournir les coordonnées aux sorciers.

    Guila Waly voyait des personnes se faufiler entre les agglomérations, en tournant leurs yeux vers toutes les directions comme si elles craignaient d’être suivies. Certains semblaient même  hésiter à franchir la porte, comme si au dernier moment, ils s’étaient mis à se demander si la vie valait vraiment la peine de commettre ce qu’ils s’apprêtaient à fomenter. Puis subitement, l’on s’engouffrait dans une case. Et l’on en sortait précipitamment quelques minutes plus tard, après avoir commandité une mystérieuse mort, et l’on s’éloignait d’un pas rapide de Khondiom. Ni vu, ni connu.

    Des hommes s’y engouffraient en tenant des mallettes remplies de billets de banque et en ressortaient les mains vides. Toutes les couches sociales se rendaient à Khondiom. Des gens humbles qui lorgnaient un héritage fabuleux. Ils venaient programmer la mort de l’héritier légitime qui leur barrait la route ou de celle du parent à hériter. Visitaient également Khondiom de hautes personnalités qui visaient des postes très convoités au sommet de l’état ou dans de grandes entreprises. On disait que le tiers des revenus journaliers de la population du pays se déversaient chaque jour à Khondiom.

    Guila Waly s’engouffra dans une case choisie au hasard. Dès qu’il se retrouva à l’intérieur, sa surprise fut grande. Il s’attendait à voir une pièce à l’aspect terrifiant, avec partout des cornes, des poils de djinns et des fourneaux aux fumées âcres. Il ne vit qu’une chambre presque vide. Il y’avait, certes, quelques cruches recouvertes de draps blancs dans un coin de la pièce. Le sorcier, un vieil homme, était couché sur une natte. Dès qu’il aperçut Guila, il appela :

    -Djénèèr ! Que veut cet homme ?

 Guila Waly comprit tout de suite que ce « Djénèèr » était un djinn. Il vit un petit oeuf jaillir d’un coin de la salle et se mettre à rouler sur le sol. Une voix étrange en sortait.

     -Cet homme s’appelle Guila Waly, disait cette voix. Il habite le village de Kémtane. C’est un pêcheur de la mer Randou et alentours.

  La surprise de Guila était énorme. Il n’en croyait pas ses oreilles. Comment ce djinn avait pu connaître son nom et ses activités ? Mais il n’était pas au bout de ses surprises. Le sorcier n’en avait pas fini avec ses questions.

     -Djénèèr ! Qu’est-ce qui amène ce Guila Waly chez nous ?

   L’étrange voix se remit à jaillir de l’œuf qui continuait de rouler en tous sens :

     -Guila Waly était considéré comme le meilleur pêcheur de Randou. Sa pêche était toujours fructueuse. Quand il revenait de la mer, tous les pêcheurs se massaient autour de sa pirogue pour admirer les gros poissons qui la remplissaient. Malheureusement, voilà plusieurs semaines que Guila Waly se confronte à une abominable poisse. Il ne peut plus attraper le plus petit poisson. Il a beau passer plusieurs semaines en haute mer, il rentre toujours bredouille. Il est convaincu qu’on lui a jeté un sort. Sa détresse est grande, car la tabaski approche et il n’a aucun sou pour acheter un bélier. C’est pour que nous l’aidons à dénicher la main qui lui a jeté ce sort et à détruire cette fatalité qu’il est venu nous consulter.

  Guila Waly était stupéfait au plus haut point. Il avait l’impression que ce djinn était un compagnon invisible qui ne l’avait jamais  lâché d’une semelle, qui l’avait toujours suivi partout où il s’était rendu, et qui avait écouté toutes ses conversations. Il savait tout de lui.

    -Djénèèr, reprit le sorcier. Peux-tu lui régler son problème ?

     -Rien de plus facile, répondit le djinn. Je vais lui montrer la main qui se cache derrière ce sortilège. Après cela, je détruirai ce mauvait sort et la chance se remettra à lui sourire de ses plus belles dents.

 

Un extrait de mon roman : LA CORNE DU DJINN

 

Le sermon de l’imam de Kémtane

 

 

 

          -Assalaamou aleykoum !

     La retentissante voix de l’imam venait ainsi de briser le silence solennel qui régnait durant cette dernière phase de la prière. Aussitôt, un long grondement s’éleva, faisant vibrer les vitres de la mosquée. C’étaient les centaines de voix des fidèles qui prononçaient, à leur tour, ce salut final qui clôturait la prière. Chacun se mit ensuite à réciter à voix basse des formules de glorification du Seigneur. Les chapelets sortirent et le cliquetis des perles qui s’abattaient lentement, les unes sur les autres, couvrirent l’atmosphère.

     Khoutba, l’imam de Kémtane, s’était retourné, faisant face à l’assemblée, comme il était de tradition  à la fin de la prière. Tout en égrenant son chapelet, il promenait son regard sur les visages qui lui faisaient face. C’était toujours durant ces moments qu’il auscultait les conflits, les drames et les détresses qui minaient certains foyers. Ces visages, c’était pour lui comme des cahiers grands ouverts, sur lesquels il lisait les émotions, les angoisses et les états d’esprit de chacun.

     Il vit des visages radieux ; il en vit d’autres qui étaient couverts de nuages. Il vit des visages calmes, rayonnants de sérénité. Il en vit d’autres qui étaient sombres et fort soucieux. Il vit des visages souriants et épanouis ; il en vit d’autres qui étaient crispés et recouverts des rides de l’anxiété. Partout où il dirigea ses yeux, Khoutba lut de la tranquillité chez les uns, et de l’angoisse chez les autres.

     Son regard s’appesantit davantage sur ces visages qui manquaient de soleil. Il les sonda profondément pour mesurer le degré d’abattement où se trouvait chacun de ces hommes. Il connaissait le mal dont ils souffraient, tous. Pour chacun d’eux, il devinait le terrible dilemme auquel il se confrontait. Plus que jamais, il se sentit investi du devoir de se jeter à la rescousse de ces âmes en détresse.

    Il s’empara du micro et se racla la gorge. Tout le monde comprit alors que l’imam allait s’adresser à eux. Ceux qui commençaient déjà à se lever pour rentrer chez eux se rassirent. Un grand silence s’instaura dans l’enceinte.

     Les discours de cet homme de quatre-vingt-sept ans, tous les kémtanais, les habitants de ce village, les appréciaient. Chaque fois qu’il élevait la voix, c’était pour réorienter des âmes qui déviaient de la voie de la droiture.  C’était un homme éloquent dont le verbe était captivant. La parole de Dieu constituait sa principale source d’inspiration. Pour illustrer ses idées, il ne citait que les versets du coran. Il ne parlait jamais pour rien. Dès qu’il s’emparait du micro, on savait à l’avance qu’il allait apporter la position de l’islam sur ce qui faisait l’actualité dans le village ou dans le pays. Tout le monde lui vouait un immense respect, du fait de sa sagesse mais également de son âge. Seule une personne était plus âgée que lui dans ce petit village de quelques centaines d’habitants.

 Sa voix s’éleva :

   -Mes frères musulmans, savez-vous qu’un jour, un vénérable homme jeta son adorable fils sur le sol et brandit son couteau, prêt à l’égorger, afin d’exhiber devant son seigneur sa totale soumission à lui ?  Ce jour-là, la Foi a fait embraser l’un de ses plus merveilleux rayonnements.

  Il marqua une pause de quelques secondes avant de poursuivre :

     -Vous l’avez tous compris, je vous parle du prophète Abraham. C’est lui qui, dans un rêve, s’était vu en train d’immoler son fils ; Un fils qu’il avait attendu pendant longtemps et qu’il adorait d’un amour sans fin. Lorsqu’il fit ce songe, il en avait tout de suite déduit que c’était Dieu qui lui demandait de sacrifier son fils. Quelle douloureuse épreuve pour lui ! Son amour pour ce garçon était immense ; mais sa soumission envers son seigneur était plus ardente. Il décida de mettre à exécution l’ordre divin. Il ligota l’enfant qui, lui aussi, s’était entièrement soumis à la volonté divine. Il le coucha sur le sol et souleva le long couteau. Il était sur le point de l’égorger lorsque son seigneur l’appela et lui signifia qu’il avait réussi cette grande épreuve. Abraham venait en effet de prouver qu’il plaçait son amour envers Dieu au-dessus de tout. Dieu agréa cette merveilleuse soumission et lui apporta un beau bélier qu’il immola à la place de son fils.

  L’imam marqua encore une petite pause :

     -Mes frères musulmans, reprit-il, c’est ce sacrifice d’Abraham que notre seigneur nous enjoint de célébrer chaque année, au dixième jour du douzième mois lunaire. Nous l’appelons communément la tabaski. C’est un devoir pour tout musulman  d’immoler, ce jour-là, un mouton et de faire la fête avec sa famille, sans oublier la part des démunis sur la viande et les repas. C’est ce grand jour que nous nous apprêtons tous à accueillir. Nous sommes à quelques semaines de la tabaski. Certains d’entre vous ont déjà acheté leurs moutons, d’autres vont leur emboîter le pas dans les prochains jours. Ceux-là que Dieu a favorisés en leur facilitant l’obtention d’un bélier, doivent rendre grâce à leur seigneur, le grand bienfaiteur.

  Ses yeux s’étaient alors posés sur les visages souriants de Maafimeun, Talmatal, Ponkal-mi, Ndiolmi, Doolé, et d’autres hommes forts de Kémtane.

     -A tous ces hommes que Dieu a octroyé une certaine richesse, je leur rappelle, comme je le fais chaque année, que c’est un devoir pour eux d’aider à la mesure de leurs moyens ceux qui peinent à se procurer un mouton. N’oubliez pas que le mort ne trouvera comme compagnons dans sa tombe que ses bonnes œuvres ou ses mauvaises actions. Ses bonnes œuvres lui apporteront les fraîcheurs du paradis qui rendront son sommeil doux jusqu’au jour de la résurrection. Quant aux actions condamnables, elles deviendront de douloureux châtiments qui rendront infernal le séjour du mort dans son trou jusqu’au jour où les tombes vomiront leurs occupants. Multipliez donc les bonnes actions chaque fois que vous en aurez l’occasion. Or, la tabaski constitue une belle occasion pour accomplir une œuvre que Dieu agrée. Offrir des moutons à ceux qui n’ont pas les moyens d’en avoir ou leur distribuer de l’argent pour qu’ils puissent en acheter, ce sont là des actes de très haute portée.

     Maafimeun et les autres hommes riches du village avaient baissé leurs yeux. Ils savaient bien donner, mais seulement à ceux qui chantaient leurs louanges et qui brandissaient au-dessus de tout le monde le gros billet de Nguisteul-la monnaie du pays- qu’on lui avait offert. Seuls Tama et ses frères griots savaient faire cela dans ce village. Mais pour des hommes comme Ndaul et Kharmatt, vous pouviez leur offrir une fortune, ils vous couvraient de remerciements que seules vos oreilles percevaient. Or, pour ces gens riches, donner de son bien sans que cela ne s’ébruite, c’était jeter son argent à la mer. On n’y gagnait aucun galon. Ils avaient besoin que leurs dons soient hurlés dans les grandes cérémonies pour soulever un délire indescriptible et pousser hommes et femmes à se prosterner sous leurs pieds.

 L’imam poursuivait son discours :

    -Je sais que les données ont terriblement changé pour la plupart d’entre vous. La sécheresse règne toujours dans notre pays. Cette sécheresse, elle a totalement bouleversé notre vie. Voilà dix ans qu’elle nous étrangle. Elle a carbonisé nos champs, elle a dévoré nos plantes et elle a jeté la misère dans de nombreux foyers. Nombreux sont ceux qui, parmi vous, vivaient jadis dans une parfaite aisance, mais qui sont confrontés, aujourd’hui, à de grandes difficultés pour joindre les deux bouts. Je sais que le mouton constitue le principal souci pour la plupart d’entre vous. L’inquiétude et le désespoir minent vos visages. Pourquoi cette inquiétude ? Pourquoi ce désespoir ? Pourtant, vous lisez le coran tous les jours. Vous connaissez donc bien ce verset qui dit que Dieu n’impose à aucune âme une charge qui est au-dessus de ses capacités. Notre Seigneur ne nous apporte jamais une épreuve sans la faire accompagner d’allègements destinés aux malades, aux pauvres et aux victimes d’infirmités. La tabaski n’échappe pas à cette règle. Le mouton n’est une obligation que pour ceux qui disposent des moyens d’en acheter. Celui qui ne possède pas assez d’argent pour pouvoir se procurer un mouton, Dieu lui permet d’acheter une chèvre qui coûte beaucoup moins cher. Quant à ceux qui ne peuvent se payer ni un mouton, ni une chèvre, qu’ils sachent que ce devoir ne repose plus sur leurs épaules. Ils peuvent passer la tabaski sans rien sacrifier. Je sais que certains d’entre vous se sont résolus à acheter une chèvre alors que d’autres ont opté de ne rien sacrifier le jour de la fête. Mais il y a un problème ; un problème qui est la cause de tous vos soucis : vos femmes ! De nombreux visages se tordirent de douleur. L’imam venait de poser le doigt sur la plaie.

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Extrait du Roman « Satan contre Adam: le conte de l’ange déchu et de l’homme élu »

 




Le serpent espionne Adam
pour le compte de Satan

Adam habita le Paradis. Il y entama une vie joyeuse. Tout dans ce jardin lui procurait un bonheur immense. Cette senteur agréable qui régnait partout, tout son être s’en délectait passionnément. Cette fraîcheur bienfaisante, tout son corps s’en abreuvait intensément. Les fruits délicieux, il ne se lassait jamais de les déguster. Les boissons exquises qui coulaient dans les rivières, il les savourait de tout temps. Son cœur débordait de joie et de bonheur. Il chantait à tout bout de champ. Tous les fruits des arbres pendaient à portée de ses mains. Et s’il lui arrivait de désirer un fruit qui se situait assez haut, hors de portée de ses mains, c’était la branche elle-même qui s’inclinait vers lui, et il n’avait plus qu’à décrocher ce fruit.
Dans un univers pareil, où les jouissances assaillaient leur hôte de tous côtés et où tout faisait l’objet d’une passion ardente, le poids de la solitude ne pouvait s’y faire ressentir. Seul dans son Paradis, Adam y savourait le bonheur intense d’un homme qui vivait au milieu des membres de sa famille et de ses amis. Il n’était d’ailleurs pas si seul que cela. Car, il avait un ami : Le Serpent, qui lui rendait souvent visite. Ils restaient de longues heures ensemble, se promenant et bavardant à travers les allées du jardin.
  -Que penses-tu, Adam, de l’Existence ? Demanda un jour le Serpent à l’homme.
  -Mon ami Serpent, l’Existence, c’est le plus grand don que Dieu a fait à ses créatures. Être libéré des étreintes de l’Inexistence, hériter de la vie, pouvoir sentir, voir, entendre et ressentir les agréables sensations, aller et venir en toute liberté, manger et boire avec passion, déguster et savourer à souhait, faire tout ce que l’on désire, connaître la joie et le bonheur, jamais nous ne pourrons remercier assez notre Seigneur de nous avoir offert un cadeau aussi merveilleux. Exister, quel immense bienfait ! Ô Serpent, je me sens si heureux de savourer ce merveilleux délice qu’est la vie. A la seule pensée que je pourrais perdre un jour cette précieuse vie et sombrer de nouveau dans les profondeurs de l’Inexistence, une grande frayeur m’envahit.
  -Mais qu’as-tu donc à craindre la Mort, Adam ? Ici, on ne meurt jamais. La vie est éternelle au Paradis.
  -Tu as raison, la Mort n’existe pas ici. Mais mon seigneur m’a parlé d’un monde qu’IL a créé et dans lequel la Mort existe et frappe chaque jour un grand nombre de créatures.
  -Dis-tu vrai ? S’écria le Serpent d’une voix angoissée. Mais quel est ce monde horrible, et quelles sont ces malheureuses créatures qui l’habitent ? Je ne souhaiterai jamais être à leur place.
  -Mon Seigneur a appelé ce monde : La Terre ! Et depuis, chaque fois que ce nom me revient à l’esprit, je frissonne de terreur en pensant à cette mort qui arrache la vie à des créatures qui retournent sur le champ dans le Néant.
  -Ah, Adam ! Ne me parle plus de cette abominable affaire ! Oublions ça et parlons de choses gaies ! Tiens, le Paradis, par exemple. Parlons-en ! Dis-moi donc comment tu le trouves, ce Paradis !
  -C’est la meilleure résidence qui pouvait être offerte à une créature avide de jouissances et de passion. On y mène une vie merveilleuse qui n’est faite que de joie et de bonheur. Ici, tout sent bon ! Ici, tout procure des sensations agréables ! Ici, tout renferme des saveurs délicieuses ! Ici, tout produit des sons envoûtants ! Le Paradis, ami Serpent, c’est le royaume de l’Excellence. Et on y respire une paix et une sécurité qui n’existe, j’en suis convaincu, nulle part ailleurs. Voilà un climat diamétralement opposé à celui qui règne sur la Terre.
  -Ah ! fit le Serpent. Tu as donc acquis des connaissances sur les conditions de vie qui règnent sur cette Terre ?
  -Mon Seigneur m’en a beaucoup fait savoir sur la Terre. C’est un monde totalement différent du Paradis. Le climat y est atroce. Il s’y instaure des périodes de chaleur intenable qui rendent la vie infernale à toutes les créatures, ainsi que des saisons de froid atroce qui provoquent beaucoup de morts. Des maladies et des épidémies de toutes sortes assailliront les populations, et les morts seront si nombreux qu’on ne saura pas les compter. Et ne me parle pas de ces terribles montagnes appelées « volcans » qui vomissent un déluge de feu. Il y a aussi ces vents ravageurs…
  -Ô Adam, arrête, arrête vite, je ne veux plus en entendre davantage. Il n’existe pas un lieu plus détestable que la Terre. Ah, comme je plains les créatures qui y vivent.
  -N’est-ce pas là une raison de plus pour moi de témoigner toute ma reconnaissance à mon Seigneur pour m’avoir fait habiter dans ce Paradis qui regorge de tout ce qui fait mon bonheur !
  -Tu as parfaitement raison. Mais dis-moi, Adam ! T’es-tu déjà demandé pourquoi notre seigneur tient-IL tant à ce que tu en saches beaucoup sur la Terre ?
  -Quelle question ! S’exclama Adam avec un petit éclat de rire. En tant que créature élue, honorée et élevée au-dessus de tout le monde, ne penses-tu pas que s’il y a ici quelqu’un qui doit détenir le plus de connaissances sur toutes choses, c’est bien moi ? C’est moi l’élu, il faut donc que je sois plus savant que toutes les autres créatures.
Adam s’immobilisa subitement et sa voix s’étrangla. Les yeux grandement écarquillés, le regard terrorisé, le visage totalement décomposé, il semblait avoir vu la Mort qu’il redoutait tant se dresser devant lui. Le corps figé de la tête aux pieds, il regardait droit devant lui. Le Serpent, très étonné par cette attitude et cette expression de terreur qui couvrait tout le visage de l’homme, braqua son regard vers la direction où devait se trouver l’objet de toutes les frayeurs d’Adam. Mais à sa plus grande surprise, il ne vit rien qui pouvait susciter de la peur. Il n’y avait là qu’une sorte de clairière au milieu duquel trônait un bel arbre.
Et pourtant, Adam, lui, voyait réellement quelque chose qui lui causait des sueurs froides. Il s’était mis à reculer, le regard toujours fixé vers cette clairière, cette expression de grande terreur toujours collée sur son visage. Puis, tout d’un coup, il se retourna et détala à toute jambe. Le Serpent se jeta sur ses traces, ne comprenant encore rien de ce qui se passait. Ce n’est que lorsqu’Adam s’arrêta dans une zone très éloignée de la clairière qu’il put le rejoindre et lui parler :
  -Qu’as-tu, Adam ? Qu’as-tu vu qui puisse te causer une si grande frayeur ? J’ai beau cherché du regard, je n’ai vu qu’une clairière rayonnante de lumière, et un bel arbre en son milieu.
Adam, encore sous les effets de la terreur, ne put que bredouiller des mots incompréhensibles :
  -L’arbre…l’arbre,…cet arbre !
  -Quoi, cet arbre ? Demanda le Serpent. As-tu oublié, Adam, que tu te trouves au Paradis, le lieu le plus sûr et le plus sécurisé ? Le danger est banni de ce monde. Tu n’y rencontreras jamais quelque chose qui puisse faire du mal ou causer du tort à quelqu’un.
Adam retrouva bientôt tout son calme et put enfin parler.
  -Ami Serpent, dit-il, sache que rien n’est capable de susciter de la terreur en moi, excepté ce qui peut m’attirer les foudres de la colère Divine. Chaque fois que tu me verras terrorisé, sois certain qu’il vient de se dresser devant moi quelque chose qui peut m’inciter à violer une recommandation de mon Seigneur.
  -Aurais-tu alors vu, là-bas, une chose capable de te pousser à violer une recommandation du Maître ?
  -Oui, ami Serpent. Cette chose se dressait là, devant moi, toute menaçante.
  -Mais comment est-ce possible ? S’étonna le Serpent. Il n’y avait en face de nous que cette clairière et cet arbre !
  -Cet arbre-là, le voilà le danger ! C’est lui, et lui seul, qui m’a collé cette grande frousse.
  – Adam, éclaire donc ma lanterne ! Dis-moi comment cet arbre peut-il t’inciter à violer une recommandation de ton Seigneur ! Je le trouve plutôt superbe et ses fruits me paraissent les plus délicieux de tous les fruits du Paradis.
-Cet arbre-là, ami Serpent, il n’est point pareil aux autres arbres de ce jardin. Je l’ai baptisé l’Arbre Interdit !
-L’Arbre Interdit ! Pourquoi un nom pareil ?
-Ami Serpent, quand mon seigneur m’a installé dans ce jardin d’Eden, Il m’a permis de manger aux fruits de tous les arbres, sauf à ceux de l’arbre qui se dresse au centre de cette clairière. IL m’a défendu de goûter aux fruits de cet arbre. IL m’a interdit de m’approcher de cet arbre afin que je ne subisse pas les emprises de la tentation.
Cette nouvelle sembla intéresser au plus haut point le Serpent. Tout son être vibrait de curiosité et d’impatience pour en savoir davantage.
-Et que se passera-t-il, Adam, si tu commettais l’erreur de goûter à un fruit de cet arbre ? Demanda-t-il en bavant de curiosité.
-Mon seigneur m’a mis en garde en des termes très clairs : Si jamais je Lui désobéissais en mangeant à un fruit de l’Arbre Interdit, je commettrais un grave délit et sa colère s’abattra sur moi. IL me chassera du Paradis et éloignera Sa Miséricorde de moi.
Un puissant rayonnement illumina alors les yeux du Serpent qui murmura : « Voilà une information qui va intéresser mon ami Satan ».
Adam n’avait rien perçu de ce rayonnement. Et même s’il l’avait décelé, il ne pourrait jamais en deviner la nature. Prenant le Serpent comme son meilleur ami, il était loin de se douter que cet animal ne venait le voir que pour l’espionner pour le compte de Satan.
Oui, le Serpent était un espion à la solde du diable. Satan n’avait trouvé que cette alternative pour pouvoir approcher son ennemi. Il lui fallait connaître les forces et les faiblesses d’Adam pour savoir par quel bout le manier et vers quel côté le faire basculer pour l’étaler à plate couture sur le sol.
Depuis qu’il avait été maudit et banni du cercle des nobles, Satan ne pouvait plus avoir accès au paradis qui était cerné par des anges armés jusqu’aux dents. Il avait donc dû recourir aux services de son ami serpent qui accepta, volontiers, de lui offrir son aide.
Ce jour-là donc, le Serpent était convaincu qu’il détenait l’information-clé qui allait placer Satan en position de force dans ce combat qu’il menait contre l’homme, son ennemi juré. Il était si pressé de retourner chez son ami pour lui rapporter ce merveilleux cadeau qu’il n’écoutait plus Adam qui, pourtant, parlait toujours :
  -Jamais je ne m’approcherai de cet arbre, disait l’homme. Je le fuirai toujours. Je souhaite ne plus me retrouver devant cette clairière. Quant aux fruits de cet arbre, fasse Dieu qu’ils ne m’inspirent jamais le moindre désir.
  -Excuse-moi, Adam, je viens de me souvenir d’une commission que je dois honorer dans les plus brefs délais. Il faut que je rentre tout de suite.
Il planta là Adam et s’éclipsa. Il quitta en un éclair le royaume du Paradis et fusa vers le refuge du diable. Il était maintenant certain que sa mission était terminée et que le reste du travail revenait à Satan.

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Prologue du Roman : Satan contre Adam: le conte de l’ange déchu et de l’homme élu.

 

     -Mon fils, tu l’ignores sans doute, mais voilà plusieurs mois que je t’observe minutieusement. Je sais que tu penses toujours à cette douloureuse affaire qui a totalement bouleversé ta vie. Tu continues de souffrir atrocement, en silence. Je sais que ton esprit s’est déstabilisé et que le doute s’est installé en toi. Tu ne comprends pas que la foudre puisse s’abattre sur quelqu’un dont la conduite a toujours été exemplaire. J’ai décortiqué les expressions qui minent ton visage, et j’ai compris que tu te poses une foule de questions sur la vie dans notre monde d’aujourd’hui.

  -C’est vrai, père. Je suis dérouté. Je ne sais plus pourquoi je suis venu dans ce monde. Pour y connaître le bonheur et la paix ? Ou pour y servir de proie aux malfaisants.  Depuis mon enfance, je croyais fermement que le champ où se cultive le bonheur, c’était le champ du bien. Je me trompais. Tous ceux qui peinent dans ce champ n’y récoltent que misères et malheurs. Ce sont ceux qui s’activent dans les champs du mal, de la corruption, qui connaissent le bonheur, la prospérité et le pouvoir. Le monde leur appartient.

  -Je comprends ta détresse, mon fils. Tu as la terrible impression que les valeurs que nous t’avions inculquées, la bonté, l’honnêteté, la sincérité, comme étant ce qui faisait la dignité de l’homme, ce qui lui ouvrait les portes de la réussite et qui faisait de lui un homme respectable, ne sont plus que des voies qui mènent à la misère, à l’humiliation, à l’asservissement et à toutes les formes de bassesse.

  -C’est exactement ça, père ! Je me rends compte qu’être bon, être honnête, être sincère, ne servent à rien.  C’est plutôt nuisible. J’en suis un exemple frappant. Lorsque j’ai accédé à ce haut poste de ministre, j’accomplissais ma mission avec la plus grande honnêteté et je considérais mes collaborateurs comme mes meilleurs amis, des hommes de confiance. Je me trompais. Ils m’ont tendu un piège. Cette fille qu’ils m’ont emmenée dans cet hôtel, durant ce voyage, j’ai naïvement cru qu’ils ne cherchaient qu’à me faire vivre quelques moments de plaisirs, de détente. J’étais loin de me douter qu’ils avaient branché leurs caméras dans tous les coins de cette chambre. Aussi, quelle fut ma terreur, mon horreur, lorsque tous les journaux, tous les magazines, se sont mis à publier des photos sur mes ébats avec cette fille. Mon image et mon honneur furent bafoués. Je fus destitué et traîné dans la boue. C’est seulement à cet instant-là que je compris que ces gens qui m’entouraient en me servant matin et soir des sourires et des paroles douces et rayonnantes d’affection ne gardaient aucune amitié à mon égard. Ils bouillonnaient de jalousie et convoitaient mon poste. Aujourd’hui, je suis perdu. Je ne sais plus à qui me fier. Je pensais que les sourires innocents, les belles paroles, les regards gorgés d’affection, c’étaient des signes qui ne trompaient pas. Je croyais fermement qu’ils ne pouvaient venir que d’êtres chers à qui l’on pouvait entièrement faire confiance. Je me rends compte avec douleur que je m’étais lourdement trompé. Ces sourires et ces témoignages d’affection sont, en vérité, des masques qui cachent des sentiments horribles : la jalousie, la haine, la convoitise, la méchanceté…

  -Mon fils, ce sont ces sentiments qui ont détruit la paix que Dieu avait semée sur la terre et qu’il nous avait demandé de fructifier. Ces abominables sentiments, ce sont les organes d’une ignoble créature qui règne, aujourd’hui, sur la terre.

  -Quelle est cette créature, père ?

  -C’est le Mal ! Mon fils, nous vivons les siècles où le Mal règne en maître sur notre terre. Et pourtant, à l’origine, la terre était un trône sur lequel Dieu avait installé le bien pour qu’il y règne sans partage.  A l’époque, seuls ceux qui semaient le bien récoltaient la gloire. Les malfaisants étaient jugés et condamnés pour leurs crimes. Ils remplissaient les geôles. Malheureusement, le règne du bien n’a pas duré longtemps. Le mal l’a fait chuter du haut de son trône et s’est emparé du pouvoir.  Ne réussissent, aujourd’hui,  que ceux qui le vénèrent. Le mensonge, la corruption, le crime et la trahison sont devenus les meilleures semences qui germent dans les champs du mal. La justice est mise aux enchères. Ce sont ceux qui font les meilleures offres qui en sont les propriétaires. Les juges, on les achète pour pouvoir assassiner  froidement ses adversaires sans être inquiété.  Il n’existe plus une justice pour les hommes, mais une justice pour les puissants et une injustice exclusivement réservée aux misérables. La justice est devenue un juge corrompu, mon fils ! Ce juge, lorsqu’il aperçoit des peuples en pleine violation des lois de la terre, il les rassemble tous devant lui et procède à une honteuse sélection. Il met les puissants d’un côté et les faibles de l’autre côté. Les puissants, il les épargne en leur façonnant des arguments forts qui les disculpent totalement. Les faibles, il les accuse d’être responsables de tous les maux du monde et les condamne à la décapitation. Ceux qui brûlent le drapeau sont jetés en prison, alors que ceux qui déchirent chaque jour davantage la couche d’ozone ne sont jamais inquiétés. La destruction du drapeau est donc plus nuisible pour l’humanité que le démantèlement de cette couche qui nous protège des rayons ultra-violets.

  -Père, tu viens de poser le doigt sur l’énigme qui bouillonne depuis quelques jours dans mon esprit. Voilà plusieurs semaines que je me pose une question : Dieu est-il toujours là ? Je parle évidemment de ce bon Dieu qui nous envoyait ses messagers et qui nous incitait à faire le bien et à fuir le mal. Ce dieu qui nous traçait le bien comme étant l’unique voie qui mène vers la réussite et la gloire ; ce dieu qui nous désignait le mal comme étant le chemin qui conduit directement vers les terribles flammes de son châtiment, ce dieu est-il toujours là ? Je me demande bien si ce bon dieu n’a pas cédé son trône à un autre dieu qui, lui, a fait du bien, la route qui mène vers la misère et la déchéance, et du mal, le chemin de la réussite et de la gloire. Le bien est devenu une machine vieille et rouillée qui ne fonctionne plus. L’engin qui tourne à merveille et qui pond des œufs d’or pour ceux qui en usent, c’est le Mal. Il faut savoir trahir pour gagner des galons. Il faut savoir mentir pour connaître la gloire. Il faut savoir tuer pour s’enrichir. C’est comme si le mal est devenu une potion magique qui ouvre la voie à la réussite. Celui qui en boit se verra hissé vers les hautes cimes de la gloire. Mais celui qui s’est engagé à ne jamais goûter de cette eau est condamné à vivre dans la misère et les malheurs. J’ai mal, papa ! Je souffre de vivre dans un monde où le mensonge, la trahison et la corruption sont devenus le commerce le plus rentable. Je souffre de vivre dans un univers où l’on voit chaque jour le vice lever triomphalement les bras vers le ciel, pendant que la vertu, vaincue, git sous ses pieds.

   -Mon fils, tu viens de vivre un drame qui t’a douloureusement affecté. Mais tu dois comprendre que ce sont tous les peuples innocents qui souffrent comme toi. Nous sommes tous confrontés à ce drame. Notre combat, c’est de ne pas céder au désespoir. Il ne faut pas se laisser ronger par la détresse. Être là à se tourmenter comme tu es en train de le faire, c’est capituler et céder la victoire à l’ennemi. Car, nous sommes en guerre. Il faut se lever et combattre l’ennemi. Et l’ennemi, c’est le mal. Mais pour le combattre, il faut l’identifier et cerner ses objectifs.

  -Comment identifier le Mal, père ?

  -Pour cela, mon fils, il faut retourner aux origines.

  -Aux origines ?

  -Oui, mon fils. Tu dois replonger ton esprit et ton âme dans ce récit du Livre saint qui nous relate les origines de ce Mal. Tu connaîtras alors les véritables objectifs de la créature qui a pondu ce Mal. Car, cette créature veut te mener quelque part. Elle a juré qu’elle réussira cette mission. Et elle sait que la meilleure façon de t’affaiblir, c’est de faire peser sur toi le désespoir, la souffrance, le malheur. Cette créature, c’est elle qui est derrière cet abominable plan, ce piège qui t’a fait chuter. Et elle a déjà fait tomber, par sa ruse, Adam, notre ancêtre à tous, le père de tous les humains. Cette créature, c’est Satan ! Ton véritable ennemi, mon fils, c’est lui. Oublie ces hommes qui t’ont piégé. Ils n’ont été que les instruments du diable qui les a maniés dans le seul but de déstabiliser ton esprit et de faire fléchir ta foi en Dieu. Tu dois donc connaître son histoire et savoir pourquoi il est venu habiter chez toi, sur cette terre. Tu dois vivre tous les épisodes de son combat avec Adam, au jardin d’Eden. Car, c’est dans cette histoire que tu puiseras la force et la détermination de faire face à cet ennemi pour le combattre et le vaincre.

   -Ce récit, je le connais trop bien, papa.  Je l’ai lu mille et une fois. Si tu l’ignores, sache que je consacre beaucoup de temps à parcourir les pages du Livre saint. Mais je peine à m’y retrouver. On n’y parle pas de notre monde d’aujourd’hui et des maux qui le gangrènent.

  -Si ! On n’y parle que de notre monde, mon fils. Mais vous lisez mal le Livre saint. Vous êtes incapables de plonger à l’intérieur pour voir tout ce qui grouille dans ses profondeurs. Vous vous contentez de nager à sa surface. C’est pourquoi je t’ai refait ce récit d’Adam et de son ennemi Satan, en y apportant les couleurs de ton monde d’aujourd’hui afin que tu puisses te saisir des enseignements que Dieu voulait que tu en tires. Car, il y a dans cette histoire tous les drames et les énigmes de ton monde. Tu y retrouveras les deux principaux composants de notre monde : le peuple innocent et les forces du mal.

  -C’est qui le peuple innocent, père ?

 -Le peuple innocent, c’est toi, c’est moi, c’est ce peuple qui croit naïvement que ce monde n’a été fait que pour qu’on y cultive la paix. Il pense que ce monde ne renferme que l’amour, le travail bien fait et le salaire de la sueur honnêtement et dignement versée. Et ce peuple ignore que son innocence est le terrain de chasse des malfaisants. Tu verras dans ce récit que l’innocence d’Adam sera le bout par lequel Satan tentera de se saisir de lui.

   -Et les forces du mal, qui sont-elles ?

   -Ce sont ces gens qui t’ont incité à la faute et qui ont détruit ton image et précipité ta chute. Ce sont toutes ces âmes possédées par la jalousie, la soif du pouvoir, l’orgueil, l’avidité et tous ces sentiments qui font de l’homme une bête dont les actes n’ont qu’une finalité : assouvir ses ambitions. As-tu vu cette grande guerre qui a opposé toutes les nations du monde ?  Elle n’a eu lieu que parce qu’un homme et son groupe ont voulu dominer le monde en annexant injustement des nations souveraines. C’est ça la soif du pouvoir ! C’est ça l’orgueil ! As-tu vu ces grands mouvements de rébellion qui ont secoué de nombreuses villes du monde ? Des troupes armées marchent vers le palais en semant partout la mort. Elles ne se soucient guère des cadavres des innocents qui jonchent le sol. Elles ne voient que la distance entre leurs chars et le palais qui se rétrécit de plus en plus, et elles ne pensent qu’au trône qui va bientôt tomber entre leurs mains. C’est ça la soif du pouvoir !

  -Et tu me dis que tout cela est relaté dans le livre saint ?

  -Tout y est ! Mais c’est à toi de secouer les fibres de ton esprit, de ta clairvoyance, pour les sentir, afin d’en tirer les enseignements qu’il renferme. C’est pour t’aider à pouvoir sentir ton monde et ses souffrances à travers ce récit du Livre que j’ai remodelé cette histoire, en lui donnant le visage d’un conte merveilleux. J’y représente les cieux sous les traits d’un royaume qui fonctionne comme les nations de ton monde. Le peuple innocent  y est représenté sous les traits d’un humain : Adam ! C’est lui, l’être innocent qui pense que la vie n’est faite que de joie et de bonheur. C’est lui l’élu qui suscite la jalousie. Quant à la force du mal, c’est un horrible personnage : Satan ! La soif du pouvoir et l’orgueil vont le posséder et il convoitera un règne grandiose.  C’est lui le jaloux qui va tenter par tous les moyens de pousser Adam à la faute pour qu’il soit destitué. L’autre élément qui joue un rôle important dans cette histoire, c’est la passion.

   -La passion ?

   -Oui, mon fils. Souviens-toi ! Pour te faire chuter, tes ennemis t’ont poussé vers une grande passion : le plaisir sexuel. Cette passion sera donc là sous les traits d’une femme : Eve ! C’est cette passion que l’ennemi de l’homme va exploiter pour pousser Adam à la faute. Je n’ai pas oublié d’insérer dans ce récit le masque dont tu parlais tout à l’heure en faisant allusion à ces sourires et ces belles paroles derrière lesquels le malfaisant cache sa haine, sa méchanceté, sa jalousie et ses sombres pensées pendant qu’il tisse secrètement les filets de sa machination. Ce masque, je lui ai donné dans cette histoire les traits d’un animal : un serpent. C’est dans son corps que le diable cachera son visage pour approcher son ennemi et poser ses pièges autour de lui. Tu verras également présent dans ce récit, le flambeau de la foi, la foi en Dieu. Cette foi qui est le meilleur bouclier pour contrer les coups du diable, sera représentée par les anges, créatures rayonnantes de soumission envers leur seigneur. Quant à Dieu, il sera le Maître. Il ne sera que Parole dans ce récit. Cette Parole sera portée par un ange à qui j’ai donné le surnom de « Son Honneur ». Chaque fois que Dieu parlera, c’est « Son Honneur » qui apparaîtra pour livrer son message. Dieu aura son palais et son trône qu’il a installés dans une région fort éloignée des sept cieux. Cette région, je l’appellerai le royaume de Dieu.

   Voilà les principaux personnages de ce récit ! Ecoute-le comme si tu avais le Livre ouvert sous tes yeux, avec, assis à tes côtés, quelqu’un qui t’aide à décortiquer le message qu’il véhicule. Tu verras alors étalés sur ses pages tous les dossiers de ton monde, de ton univers, de ton environnement. Tu sauras ainsi que ce Livre ne traite que de tes  soucis et préoccupations ; les préoccupations d’un homme perdu qui cherche sa voie dans un monde bouleversé.

  -Vas-y, père, raconte-moi ton histoire !

  -Eh bien, voilà ! Je vais la commencer comme un conte :

 « Il était une fois, une force, une puissance que rien ne saura jamais égaler, dotée d’une science extraordinaire ! Ce pouvoir existait depuis toujours et rien d’autre que lui n’existait. Il décida alors de créer des mondes et des créatures vivantes pour qu’elles jouissent de ses bienfaits et mènent une vie paisible. Il se lança à l’œuvre, et en six jours, il bâtit les cieux, la terre et l’Univers tout entier. Le voilà maintenant en train de contempler son œuvre avec satisfaction.

Matar Sow       contactez-moi

 

 

Résumé de « Satan contre Adam: le conte de l’ange déchu et de l’homme élu »

Un royaume : les cieux.

Un maître : Dieu.

Un peuple : les anges.

Deux races : les anges, créés de la lumière, et qui rayonnent de soumission. Les anges créés du feu et qui flambent d’ambitions.

Ce sont ces anges-feu qui vont ébranler une grande rébellion pour s’emparer du trône de Dieu. Le Maître les laissera faire avant de les larguer sur terre.

Satan, le seul ange-feu soumis, fut ensuite envoyé sur terre pour anéantir les rebelles. Il revint de cette mission auréolé de gloire. Dieu le couvrit alors de galons, et il devint la plus haute personnalité des cieux. Ses ambitions flambèrent. Son rêve : posséder la merveilleuse science et devenir aussi puissant que Dieu lui-même. L’homme exista alors et hérita de la science. Satan, révolté, déclara la guerre à Adam. Le duel s’engagea. L’arrivée d’Ève sera décisive…

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Interview sur mon Livre

Rencontre avec Matar Sow, auteur de « Satan contre Adam : le conte de l’ange déchu et de l’homme élu »

Présentez-nous votre ouvrage

Mon roman retrace le combat qui a opposé Adam et Satan, l’homme et le diable, dans le jardin d’Eden. Satan, élevé au rang de chef de tous les anges après avoir détruit les rebelles qui tentaient de renverser le trône de Dieu, s’opposera farouchement à la décision de son seigneur qui veut faire de l’homme la créature élue. Maudit et transformé en diable, il va mijoter un terrible plan dont l’unique but est de pousser Adam à la désobéissance en croquant aux fruits que Dieu lui a défendus.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Cette histoire d’Adam, du diable et du fruit défendu constitue l’un des récits de la bible et du coran qui me passionnent le plus. Elle regorge d’enseignements utiles sur le combat entre le Bien et le Mal qui mine notre monde, aujourd’hui.

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Ce roman s’adresse à tout le monde car il relate l’origine de tous les humains. Tout ce qui nous arrive sur cette vie terrestre, en bien comme en mal, découle en quelque sorte de ce drame qui s’est déroulé dans le jardin d’Eden.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Cette question trouve sans nulle doute sa réponse dans le prologue de ce roman. A travers Satan et Adam, j’ai voulu montrer le puissant devant le faible, la méchanceté en face de l’innocence, la jalousie en face de la réussite, la ruse devant la naïveté. J’ai voulu également exposer cette domination abusive que les dirigeants, avides de pouvoir et de richesses, exercent sur les peuples innocents.

Où puisez-vous votre inspiration ?
La méditation constitue ma principale source d’inspiration. J’aime m’isoler et passer des heures à méditer sur la vie et les drames qui secouent le monde.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je compte poursuivre sur la même lancée en écrivant des romans qui mettent en exergue les dérives vers lesquelles la soif du pouvoir et de la richesse peut conduire l’homme.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Chers lecteurs, j’espère que ce roman « Satan contre Adam » vous passionnera au plus haut point et que vous attendrez avec une vive impatience que je publie un deuxième ouvrage.

Matar Sow          contactez-moi

Mon Livre chez Edilivre

   Mon roman, Satan contre Adam a été édité par Edilivre. Aussi, je voudrais vous parler un peu de cette maison d’édition.

Edilivre, une alternative entre l’édition à compte d’auteur et d’éditeur

Edilivre est une maison d’édition assez particulière. Elle se dénomme, elle-même, une maison d’édition alternative, car elle se situe entre l’édition à compte d’éditeur et l’édition à compte d’auteur.

Un auteur peut se faire éditer gratuitement par Edilivre. Vous envoyez votre manuscrit, par mail, un comité de lecture étudie le texte. Si le manuscrit est accepté, la maison met en branle le processus éditorial et, au bout de quelques semaines, votre livre est fabriqué sans que vous n ‘ayez à payer le moindre sou. C’est là où Edilivre ressemble à une maison d’édition à compte d’éditeur qui fabrique le livre avec son propre budget sans que l’auteur n’ai rien à débourser.

Seulement, chez Edilivre (et c’est là où les choses commencent à différer avec l’édition à compte d’éditeur), le livre fabriqué gratuitement a une couverture basique : il n’y a aucune image dessus. C’est une couverture toute blanche, avec le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage et le logo de la maison d’édition. Si l’auteur souhaite avoir une image sur son livre, il lui faudra payer( 99 euros pour une photo envoyée par l’auteur, 199 euros pour qu’Edilivre achète des images dans des banques d’images, 299 euros pour que les illustrateurs professionnels d’Edilivre dessinent à la main une couverture qui répond aux goûts de l’auteur.) Un auteur qui n’a pas les moyens de payer pourra bien se passer d’images sur son livre, d’autant que les grandes maisons d’édition à compte d’édition, publient souvent des ouvrages avec des couvertures sans images.

Une autre différence avec les maisons d’édition traditionnelles, la correction du texte fait partie des options payantes chez Edilivre. Tout le monde sait que les maisons d’éditions se chargent de la correction des textes avant de les publier. Elles disposent d’un comité qui se charge de relire le manuscrit paur détecter les coquilles et corriger les fautes de frappe, d’orthographe, de grammaire, de syntaxes, de ponctuations… Chez Edilivre, l’auteur doit payer pour bénéficier de la correction de son manuscrit. S’il ne paie rien, son livre sera publié avec ses fautes et ses coquilles.

  Chez Edilivre, c’est à l’auteur de faire la promotion de son ouvrage

C’est connu, les maisons d’édition traditionnelles, après avoir publié une œuvre se chargent de sa diffusion. Elles disposent d’un gros budget destiné à faire la promotion du livre à travers les médias, au sein des libraires et partout où cela est nécessaire.

Eh bien sachez que ce travail de diffusion n’existe pas chez Edilivre. Cette maison laisse aux auteurs le soin de faire, eux-mêmes, la promotion de leurs ouvrages. Cependant, elle met à la disposition de ses auteurs des outils et des supports de communication qui leur permettront de promouvoir leurs ouvrages. Elle leur envoie, par exemple, par mail, une fiche de présentation de l’ouvrage, contenant le résumé du roman, la bibliographie de l’auteur ainsi que des informations destinées aux libraires qui souhaitent commander le livre. C’est à l’auteur d’imprimer cette fiche et d’aller la présenter aux journalistes et aux libraires pour promouvoir son livre.

Edilivre s’engage également à envoyer un exemplaire du livre en version papier ou numérique à tout journaliste qui en fait la demande. De plus, Edilivre envoie par mail à tout auteur qui le souhaite une liste des journalistes et des médias qui couvrent l’actualité de sa région.

La création d’une bande annonce sur le livre, la promotion sur facebook, un communiqué de presse, le référencement du livre auprès de Decitre et sa base de diffusion utilisée par de nombreux libraires, etc… tout cela fait partie des options payantes que la maison d’édition Edilivre met à la disposition de ses auteurs.

Ce sont ces options payantes (qui obligent l’auteur à payer de sa poche dans la conception et la promotion de son ouvrage) qui donnent à Edilivre l’image d’une maison d’édition à compte d’auteur.

Edilivre imprime à la demande     

    Les grandes maisons d’édition traditionnelles, lors de la publication d’un ouvrage, impriment une grande quantité d’exemplaires qu’elles mettent en vente auprès des libraires. Il arrive très souvent qu’telecharger-4-logo-edilivreil reste un stock de livres invendus. Ces livres, s’ils ne bénéficient pas d’une seconde chance, vont tous passer au pilon, c’est-à-dire à la destruction. Cela constitue souvent une grande perte pour les maisons d’édition.

C’est pour éviter cette perte que la maison d’édition Edilivre a adopté la politique de l’impression à la demande. Autrement dit, elle attend qu’on lui commande des livres pour qu’elle les fabrique. La conséquence d’une telle pratique, c’est que les livres coûtent un peu plus chers chez édilivre, car c’est une mode d’impression assez coûteuse.

Précisons qu’Edilivre fabrique ses livres aux formats papiers et numériques. Et qu’au bout de 60 jours après sa publication, l’ouvrage est référencé sur Dilicom, Amazon.fr, Fnac.com, Chapitre.com…

Ce sont là quelques éléments que je détenais sur Edilivre, la maison qui a édité mon roman « Satan contre Adam : le conte de l’ange déchu et de l’homme élu ».

Vous pouvez avoir d’autres informations sur cette maison d’édition en lisant cet article de Cendrine BERTANI.

D’autres articles peuvent vous intéresser comme ceux de Dragon à Plumes et de Sherryn-lectures.

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Le Livre, sa Promotion

   Écrire est une grande passion. Publier est une belle récompense. Mais promouvoir son livre se révèle parfois être un véritable calvaire. Rien n’est plus terrible pour un auteur que de tenir un livre, son œuvre, qui ressemble à un mort-né.

     Un Livre est une créature vivante. Il a un corps, une âme, une vie. Il a besoin d’exister, de s’épanouir. Il a besoin de milliers de regards qui admirent sa couverture, de millions de mains qui tournent ses pages et de milliards d’yeux qui dévorent avec avidité les récits qu’il renferme.

   Le Livre tire son souffle dans l’univers de commentaires qu’il suscite. Il a besoin d’être exposé sur la scène, de s’entendre parler dans la presse, d’assaillir les librairies et de trôner dans la liste des meilleures ventes. Sans cela, il est comme mort ou dans le coma. Un Livre qui vient d’être publié n’existe pas encore. Il commence à exister à partir du moment où son nom (son titre) est sur toutes les lèvres et qu’on le voit rayonner devant la vitrine des librairies.

    Tout auteur, qu’il le dise ou non, caresse le rêve de voir son œuvre devenir un best-seller. Mais pour cela, il lui faut créer une œuvre bien pensée, bien rédigée, une histoire captivante, et surtout, une promotion bien organisée, savamment orchestrée.

    La promotion d’un livre est donc une opération capitale. Les grandes maisons d’éditions (à compte d’éditeur) accomplissent merveilleusement ce travail. Elles disposent d’un budget destiné à cet effet. D’autres maisons d’édition, comme Edilivre, se sont départies de ce travail.

    Chez Edilivre, la maison qui a éditée mon roman, Satan contre Adam, c’est à l’auteur d’assurer la promotion de son livre. Pour cela, la maison d’édition met à sa disposition des outils de promotion, telle que la fiche de présentation qu’il doit distribuer aux libraires et aux journalistes. Cette maison met à la disposition de ses auteurs plusieurs opportunités pour promouvoir son oeuvre et la rendre visible, mais elles sont, toutes, payantes.book-1549589__180-livre-222

    C’est cette situation inédite où je me trouve (avoir à mener tout seul la promotion de mon livre) qui a motivé la création de ce blog. Échanger sur les problèmes de l’écriture, de l’édition, de la promotion et de tout ce qui tourne autour du livre, voilà ce à quoi j’invite tous ceux qui nourrissent un amour ardent envers les lettres. 

    Si chacun apporte son expérience sur les différents sujets qui seront traités dans cet espace, nous en gagnerons, tous, et de nombreux problèmes perdront de leur ampleur. Je vous parlerai de mes romans, mais également des œuvres de tous ceux qui voudront bien exposer leurs livres ici pour en assurer la promotion.

  Ensemble, formons une communauté qui profitera à tous. 

Matar Sow           contactez-moi